Les plus grosses arnaques aux cryptomonnaies de 2014 à 2021

L’arnaque est aussi ancienne que la race humaine. Chaque nouvelle invention, chaque nouvelle technologie, amènent leur lot d’escroquerie. L’avènement du Bitcoin en 2009 et autres Altcoins qui ont suivi n’ont pas fait exception. Pour la seule année 2021, une étude de Chainanalysis, société spécialisée dans l’analyse des données issues de la blockchain, a montré que les fraudes aux cryptomonnaies ont représenté un montant de 7,7 milliards de dollars dans le monde. Si l’année 2021 a vu d’avantage d’arnaques, elles ont été moins importantes. Une évolution certainement due à une mise en place des mécanismes de régulation. Nous allons passer en revue, dans l’ordre chronologique, la liste des 9 plus importantes escroqueries de la crypto-sphère de ces 7 dernières années.

Mt Gox, une ponction de 740.000 BTC par des hackeurs, un vol … qui se termine plutôt bien !

Début 2014, la plateforme Mt. Gox gérait 70 % des transactions mondiales en Bitcoin. Dirigée depuis Tokyo par un français : Mark Karpelès, Mt. Gox s’était attirée de nombreuses convoitises et n’était pas totalement sécurisée. Fin Février de la même année, la société dépose son bilan, son dirigeant indiquant s’être fait dérober 740 000 BTC. Devant le nombre de protestataires, la justice japonaise ordonne une enquête et arrête Karpelès qui clame son innocence. Il est soupçonné d’avoir fait disparaître les Bitcoins manquants, soit un équivalent de 390 millions de dollars, selon les taux de l’époque. Le jugement a été laborieux, Mark Karpelès remettant au liquidateur 200 000 BTC préservés du vol. Le 20 octobre 2021, la Cour de Tokyo a annoncé que les victimes du vol allaient se partager les fameux bitcoins sous la responsabilité du repreneur, un certain Kobayashi. Le cours du BTC ayant explosé entre temps, ce sont finalement 9 milliards de dollars que les plaignants vont se partager. Quant à Karpelès, il a été condamné à 2 ans et demi de prison avec sursis au Japon pour manipulation de données électroniques. Il a été levé de tout soupçon sur les accusations plus graves de détournement de fonds et d’abus de confiance. Finalement, un vol qui finit plutôt bien !

OneCoin, un système de Ponzi à 4 milliards de dollars sur une pure invention, sans blockchain

Lancée en 2014 à Sofia, la cryptomonnaie OneCoin a été ‘imaginée’ par un bulgare : Konstantin Ignatova, sa sœur Ruja Ignatova (CEO) et quelques autres comparses. A sa sortie, OneCoin a été présentée comme le AltCoin qui allait détrôner le Bitcoin. Les acquéreurs étaient incités à recruter de nouveaux membres selon un système marketing bien rodé. Seul problème : OneCoin était une pure invention sans valeur et n’était même pas basée sur un système de blockchain. Avec 3 millions de victimes dans le monde (selon la justice américaine), ce système de Ponzi a été qualifié comme étant ‘l’une des plus grosses arnaques de tous les temps’‘ par ‘The times’. Si Konstantin Ignatova a été arrêté en Juillet 2021 à l’aéroport de Los Angeles, sa sœur surnommée la ‘Cryptoqueen’ est toujours introuvable.

BitConnect, un système de Ponzi à 2,4 milliards de dollars sur une plateforme de prêts

Lancée en 2016, soit 2 ans après OneCoin, BitConnect est également basée sur un système de Ponzi. Il ne s’agit pas cette fois d’acquérir une nouvelle pseudo crypto prometteuse, mais de ‘prêter’ des bitcoins à une plateforme BitConnect (BCC) en échange d’intérêts faramineux (480% de rendement annuel). Les intérêts, calculés par un soi-disant ‘bot de trading’, étaient payés en tokens BCC, le jeton de la plateforme.  Celui-ci a réussi à se hisser dans le top 10 des capitalisations boursières des cryptos. Seul problème : le cours de ce token maison n’évoluait pas en fonction de l’offre et de la demande, mais était manipulé par la société. Le système a fonctionné tant que de nouveaux acquéreurs continuaient de placer des BTC sur la plateforme. A la découverte du pot-aux-roses, BitConnect a dû libérer les contrats bloqués et restituer les fonds placés en BCC, un jeton qui perdait plus de 90% de sa valeur. Selon la SEC, le fondateur de BitConnect a été inculpé pour 2,4 milliards de dollars de schéma de Ponzi et aurait disparu.

PlexCorps lance PlexCoin, une crypto-arnaque à la sortie qui a engendré la perte de 8 millions de dollars

En 2017, une société canadienne PlexCorps lance une ICO pour financer son token, le PlexCoin, une cryptomonnaie factice à l’image de ce que seront, un an plus tard, les fausses PinCoin et iFan vietnamiennes. Le PlexCoin promet de riches fonctionnalités comme des portefeuilles numériques, des cartes de paiement et bien d’autres choses prometteuses. Nous sommes en plein boom des ICOs et les investisseurs ne sont même pas intrigués par la promesse faramineuse de 1354% de rendement en 1 mois. Ils ne font pas attention non plus, ni à l’absence de dirigeant, ni à l’absence d’adresse de la société. A l’issue de l’ICO qui a réussi à lever 15 millions de dollars, la SEC suspecte la société de malversations et décide de geler les actifs des dirigeants. Le canadien Dominic Lacroix est traduit devant un tribunal qui le condamnera à restaurer les cryptoactifs en sa possession.

L’arnaque Centra Tech avec ‘la première carte de débit crypto multi-blockchain au monde’

Comme vous devez le savoir, un petit nombre de plateformes commencent à émettre tout à fait légalement des cartes cryptos compatibles avec les réseaux Visa et Mastercard. Cependant, cette facilité offerte aux investisseurs en cryptoactifs avait plutôt mal commencé. En 2017, alors que la folie des ICOs (Initial Coins Offering) battait son plein, une société de Floride : Centra Tech, réussit à lever 25 millions de dollars pour financer ce qui devait être ‘un portefeuille d’assurance intelligent’ ou plus exactement la première carte crypto permettant de payer ses achats chez les commerçants affichant les logos Visa et Mastercard. Pour promouvoir ses services, la société s’entoure de personnalités médiatiques comme le champion de boxe Floyd Mayweather ou encore le DJ Khaled. En 2018, le FBI et la SEC condamnent le projet pour ICO frauduleuse. Les dirigeants de Centra Tech (Sharma, Trapani et Farkas) ont été arrêtés en avril de la même année.

Plus Token, venu de Chine, un autre Ponzi de plus de 1 milliard qui avait l’apparence d’un programme d’investissement 

Lancé en 2018 depuis la Chine, soit 2 ans après BitConnect, Plus Token offre lui aussi des rendements mirobolants (18% par mois) et recrute énormément de nouveau adeptes, principalement dans l’Empire du milieu et en Corée. Un ticket d’entrée particulièrement faible (500 dollars), un programme d’affiliation agressif, des récompenses importantes offertes aux parrains et une campagne médiatique agressive font décoller la popularité du système. Dans sa campagne de promotion, Plus Token indique utiliser les fonds versés pour bâtir un écosystème complet autour des cryptomonnaies. En quelques mois l’équipe réussit à engranger 3 milliards de dollars jusqu’à ce que Sina Weibo, le réseau social chinois, ne relate des délais inhabituels sur les retraits. Il n’en faut pas plus aux fraudeurs pour s’enfuir en postant un message laconique sur les demandes de retraits : ‘sorry, we have run !’. Une chasse à l’homme est lancée et se termine par l’arrestation de 6 suspects qui sont alors extradés vers la Chine. Après l’arrestation, les monnaies dérobées ont continué à circuler, et auraient eu un impact sur la chute du bitcoin de début 2020.

Modern Tech lance Pincoin et Ifan, deux crypto-monnaies factices vendues dans le cadre d’une ICO vietnamienne

En 2018, une société vietnamienne Modern Tech a réussi à lever 660 millions de dollars pour financer son token, le PinCoin. Grâce à un très beau site Web, la société a convaincu des milliers de personnes que ce token était légitime. Modern Tech promettait des rendements constants aux investisseurs, puis a émis un autre token, également factice : l’iFan, un jeton de réseau social pour les célébrités. Lors du lancement de ce dernier, un taux d’intérêt de 48% par mois était garanti pour tous les investissements ayant une durée de blocage de 4 mois. Suite à l’ICO, les sept ressortissants vietnamiens disparaissent et laissent les 32 000 investisseurs sur le carreau.

Quadriga CX, l’exchange canadien qui avait ‘oublié’ d’inscrire les transactions de ses clients sur la blockchain.

La société canadienne Quadriga CX s’est effondrée en 2019, laissant plus de 76 000 investisseurs à découvert pour au moins 169 millions de dollars. Après une enquête de 10 mois, la Commission des valeurs mobilières de l’Ontario a publié un rapport indiquant que la société de cryptomonnaies était en réalité une chaîne de Ponzi. La plateforme d’échange faisait croire à ses clients que leurs fonds étaient protégés alors que le co-fondateur et PDG, a dépensé, négocié et utilisé ces actifs à sa guise. Quadriga Cx avait tous les attributs d’un exchange classique et permettait d’acquérir toutes sortes de cryptos et de les échanger entre elles. Sauf que les transactions étaient inscrites sur un compte bancaire standard et non sur les blockchains des actifs achetés. Morale de l’histoire : ne laissez jamais vos tokens sur un exchange : dès l’achat, rapatriez-les immédiatement sur un portefeuille logiciel ou mieux sur un hardware wallet comme les Ledger Nano S ou Nano X.

Finiko, la pyramide de Ponzi d’un instagrammeur russe, une escroquerie à 4 milliards de dollars

Profitant de la situation économique dégradée liée au Covid-19, via sa société Finiko, le russe Kirill Doronin, un influenceur Instagram, propose à ses followers des placements sur des cryptos (Bitcoin, Tether) affichant un retour sur investissement de 30% par mois. En fait, il s’agissait d’une pyramide de Ponzi qui a tenu un an avant de se faire démasquer par les autorités russes en Juillet 2021. Neuf mois après son arrestation, l’instagrammeur continue de nier toute responsabilité et rejette la responsabilité de son effondrement sur ses partenaires et assistants. Selon certaines sources, les sommes escroquées pourraient atteindre les 4 milliards de dollars, faisant de Finiko le plus grand système de Ponzi depuis le scandale MMM des 2 frères et de la soeur Mavrodi qui, dans les années 1990, avait créé un préjudice de 10 milliards de dollars.

Les 9 escroqueries que nous venons de décrire et de nombreuses autres affaires moins médiatisées ne plaident pas en faveur d’une acceptation de masse des cryptomonnaies. C’est un problème majeur pour un secteur qui repose en grande partie sur la confiance des investisseurs. Il est néanmoins à noter que le montant des préjudices et leur durée tend à diminuer au fil des ans. Cette normalisation devrait logiquement se poursuivre grâce à l’extension des programmes de régularisation au niveau mondial, comme c’est le cas en France avec l’obligation pour les opérateurs de s’inscrire sur  la liste PSAN de l’AMF ou encore avec le projet MiCA de la Commission Européenne.

Pour éviter toute arnaque lors de vos achats, choisissez une plateforme de renom, comme Kraken au niveau international, ou Coinhouse au niveau français.