Comment générer des revenus d’épargne avec le staking de cryptomonnaies

De nombreux investisseurs souhaitent bénéficier de revenus passifs, si possible importants, et ne pas consacrer trop de temps au trading journalier de leur portfolio de cryptomonnaies. Ils peuvent certes faire du ‘mining’, mais cette discipline nécessite un investissement lourd en matériel (PC véloce avec cartes graphiques performantes). En faisant du ‘staking’, ils ont la possibilité de générer, à moindre frais, des revenus d’épargne bien supérieurs à ceux que rapportent un Livret A par exemple. Nous allons voir pourquoi, comment, avec quelles cryptomonnaies, et sur quelle plateforme, générer ces revenus d’épargne.

Définition de l’épargne staking (Livret A versus Livret Crypto)

Nous connaissons tous le fonctionnement du Livret A : ce produit d’épargne populaire rapporte des intérêts à l’épargnant (1% depuis le 1er février 2022) et permet à l’état, via la Caisse des dépôts, de bénéficier de liquidités pour financer logement social, aménagement urbain et autres infrastructures.

L’épargne crypto (le ‘staking’ en anglais) est un peu la même chose : via votre plateforme d’achat, vous mettez à disposition de la gouvernance d’une cryptomonnaie (Ethereum 2.0 par exemple) un certain nombre de vos jetons (ETH pour garder le même exemple) qui vont vous rapporter des intérêts (5% et plus, voire beaucoup plus pour certains jetons, mais attention aux risques) et qui fournissent de la liquidité à cette gouvernance pour sécuriser le réseau de sa blockchain.

Quelles cryptomonnaies choisir pour faire du staking ?

Le site Staking Rewards liste les cryptomonnaies qui sont éligibles au staking. Début Mars 2022, le site répertoriait 261 cryptos disponibles chez 37 041 opérateurs. Le taux d’intérêt moyen étant de 17,22%, bien loin des 1% du Livret A.

Vous trouverez ci-après la liste des 10 premières cryptos, classées par montant décroissant (en dollars) des actifs stackés (colonne ‘Staked Value’).

Top 10 Crypto Assets by Staked Value (info du site Staking Rewards au 12/03/2022)
Les 10 premières cryptos sur lesquelles on peut faire du Staking (info Staking Rewards au 12/03/2022)

Sur ces 10 premières cryptomonnaies on voit que le rendement du staking (colonne ‘Reward’) varie de 4,81% pour Ethereum 2.0 (ETH) à 18,46% pour Polygon (MATIC). Est-ce à dire qu’il faut privilégier ce dernier ?

Certainement pas, ou du moins, tout dépend de votre aversion au risque. En ‘stakant’ de l’ETH vous obtiendrez, certes, un rendement nettement plus faible qu’avec du MATIC. Mais, à l’échéance de la période de staking (qui peut aller jusqu’à 1 an), vous serez quasiment certain de retrouver à la fois capital et intérêts. En effet, l’immense capitalisation boursière de Ethereum (2ème après celle du Bitcoin avec plus de 310 milliards de dollars) assure à celui-ci une certaine longévité. Nous pensons même que l’ETH pourrait, à terme, remplacer le BTC en haut du podium.

Concernant l’espérance de vie, on ne peut pas en dire autant du MATIC qui ne pèse que 9,6 milliards de capitalisation boursière (colonne ‘Market cap’). A vous de voir si le MATIC vous paraît un produit d’avenir et si le jeu en vaut la chandelle. Pour vous aider, vous pouvez consulter les sources d’informations sur les cryptos que nous avons collectées pour vous et que nous consultons régulièrement.

Dans tous les cas, diversifiez vos placements en stakant plusieurs jetons, avec un mix de haut rendement et de valeurs plus sûres.

Mais si votre aversion au risque est très forte, nous vous conseillons de staker uniquement des stablecoins. Ce sont des produits adossés à une monnaie fiduciaire (généralement le dollar) et qui en suivent scrupuleusement le cours. C’est ce que propose la société française CoinHouse avec son Livret Crypto à 5% de rendement (minimum de durée de 3 mois).

Quelles sont les principales plateformes qui font du staking ?

Nous venons de voir que le site Staking Rewards répertoriait pas moins de 37 041 opérateurs de staking de cryptos. De quoi y perdre son latin !

En fait, toutes les plateformes qui proposent à l’achat ou au trading des cryptos utilisant la Preuve d’Enjeu (POS) offrent généralement à leurs clients la possibilité de staker certains jetons. Les blockchains éditent leurs propres règles et offrent des rémunérations différentes. Si vous déléguez l’opération de staking à un opérateur, celui-ci prélèvera des frais qui viendront en déduction des rémunérations offertes par les blockchains.

Les principales plateformes de staking sont les mêmes que celles chez qui vous achetez vos jetons, à l’exception des sociétés qui sont spécialisées dans le Bitcoin (comme Paymium.com en France) ou dans ses dérivés qui, comme BTC, utilisent la Preuve de Travail (POW).

Pour faire du staking, les critères de sélection d’un opérateur seront donc sensiblement identiques à ceux que nous avons édictés pour le choix d’une plateforme légale de cryptomonnaies.

Nous y rajouterons le nombre de jetons éligibles ainsi que le montant du ticket d’entrée.  Pour certains projets de staking, ce ticket d’entrée peut être élevé et dissuader certains investisseurs. Chez le français Coinhouse, le Livret Crypto n’est accessible qu’à partir d’un minimum de dépôt de 20 000 USDT.

Quelles différences entre ‘staking’ et ‘mining’ ?

Si vous avez lu notre métaphore sur le SkiJeton, vous connaissez le rôle des mineurs, ces travailleurs H24 qui font tourner les preuves de travail sur leur PC dotés de cartes graphiques surpuissantes. Ces POW (Proof Of Work) ont pour mission de valider les transactions sur la blockchain du Bitcoin et sur ses dérivés, utilisant la même technologie énergivore.

Avec l’apparition de la Preuve de Détention (POS) sur Ethereum 2.0 et sur d’autres cryptomonnaies plus récentes : Cardano (ADA), Polkadot (DOT), Avalanche (AVAX), Terra (LUNA), …, la consommation énergétique est réduite au minimum.  Cette fois, il est tout simplement demandé au mineur de prouver la détention d’un certain nombre de jetons en les immobilisant dans un smart contract. En stakant ceux-ci pendant un certain temps (généralement 3 mois reconductibles), le mineur prouve sa confiance dans la crypto-monnaie en question, et reçoit en récompense une contribution.

Faire du staking (en bloquant temporairement ses jetons sur une plateforme ou sur un wallet) est donc beaucoup plus accessible que faire du mining.  Pas besoin d’investissement important et, de plus, c’est meilleur pour la planète.

Quels sont les risques de faire du staking ?

Revenons à notre comparaison avec le Livret A, le chouchou des français. Avec celui-ci vous êtes sûr de pouvoir retirer vos fonds investis (intérêt et capital) à la date que vous souhaitez.

Avec le staking, c’est une autre histoire. Si l’intérêt est garanti contractuellement, il n’en est pas de même du capital. A l’échéance du blocage (3 mois, 6 mois, 1 an, …) le cours de la cryptomonnaie que vous avez stakée peut tout aussi bien surperformer… que s’effondrer !

Par exemple, Staking Reward annonce 118% d’intérêt annuel avec The Graph (GRT). Mais si, au bout d’un an, le cours du GRT a chuté de 1000%, nous ne récupérerez que des miettes.

De plus, en stakant vos actifs, vous vous interdisez de bénéficier d’éventuelles opportunités pendant la période d’immobilisation. Pour en revenir au GRT, si son cours grimpe de 1000% en 6 mois, puis redescend aussi brutalement, vous ne pourrez pas bénéficier de cette embellie de mi-parcours.

Enfin le risque le plus important est un piratage de la plateforme sur laquelle sont stackés vos jetons.  Pour réduire ce risque, n’allez surtout pas chercher la plateforme figurant à la 37 041ème place de la liste de Staking Rewards. Pour une épargne tranquille, privilégiez les grands acteurs du marché : Binance, Kraken, Coinbase, et mieux encore, choisissez une plateforme régulée Regafi comme eToro, ou inscrite sur la liste PSAN de l’AMF comme Coinhouse.